RENFORCER LE RÔLE DES FEMMES DANS LA GESTION DES FORÊTS AUX COMORES: FEMMES GARDIENNES DU PATRIMOINE
Juil31

RENFORCER LE RÔLE DES FEMMES DANS LA GESTION DES FORÊTS AUX COMORES: FEMMES GARDIENNES DU PATRIMOINE

Houmi Ahamed-Mikidache, journaliste indépendante franco-comorienne basée à Paris Résumé Cet article fait suite à un documentaire réalisé en 2008, basé sur le Programme d’Adaptation National au Changement Climatique (PANA 2006), intitulé « Après le débarquement » ou « où vont les Comores avec Anjouan ». Aux Comores, les femmes forment plus de la moitié de la population comorienne (54%). Plus de 70% de la population comorienne vit de l’agriculture Ce secteur correspond à plus de 40% du Produit Intérieur Brut (PIB).La société comorienne matrilinéaire confère à la femme le droit de la transmission des biens mère- fille, « le manyahuli ». A *Mayotte, Anjouan, Mohéli et Grande Comore, la femme est le socle de l’organisation sociale à différents degrés. En Grande Comore, le patrimoine foncier de la femme est la base du mariage coutumier appelé « Grand mariage » ou     « Anda ». La femme existe à travers le statut de « l’homme accompli » Les femmes rurales comoriennes sont les gardiennes du patrimoine forestier Ces traditions dominent le système fédéral de ce petit état insulaire en développement. Les femmes paysannes, elles, ne sont pas épargnées par les traditions. Mais, elles sont marginalisées en ville. Toutefois, elles pourraient exister collectivement économiquement, socialement et politiquement à l’échelle nationale par la valorisation de leurs activités rurales, à travers le Syndicat National des Agriculteurs Comoriens (SNAC) ou tout autre groupement agricole. Les femmes rurales comoriennes sont les gardiennes du patrimoine forestier. Elles peuvent s’appuyer sur leurs savoirs- faire ancestraux méconnus du grand public, liés à la diversité biologique et culturelle des îles. L’objet de cet article est de démontrer qu’il est possible de renforcer le rôle des femmes dans la gestion des ressources naturelles (gestion des terres, de la forêt, de l’eau), en utilisant le rôle traditionnel des femmes à travers l’organisation matrilinéaire. Ce texte souligne le réel potentiel des femmes à travers leurs connaissances locales et leurs pratiques traditionnelles. Ce texte montre aussi que les femmes rurales peuvent protéger les ressources naturelles, si elles bénéficient de programmes d’alphabétisation et de vulgarisation. Elles pourraient ainsi lutter contre la déforestation. Ce court article encourage l’utilisation des ressources naturelles, issues de la forêt comme la fleur d’Ylang Ylang et l’argile. Il démontre aussi que les Comores ont  la possibilité d’utiliser les énergies renouvelables (Anadolu-2014). L’Ylang L’Ylang produit phare des Comores (voir film Anjouan 2008) peut être exploité dorénavant par l’énergie solaire. L’argile peut être utilisé pour la construction de parpaings à Mayotte ( Info terre 1999), mais aussi dans les trois autres îles de l’archipel ( Al watwan-8 février 2011). Cette ressource peut être utilisée pour les soins naturels et les maladies infectieuses (De...

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