L’AIEA lance sa première expédition de recherche scientifique en Antarctique

Par Houmi Ahamed-Mikidache

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), organisation internationale sous l’égide des Nations Unies, a lancé aujourd’hui, en coopération avec l’Argentine, sa première expédition de recherche scientifique en Antarctique, a appris Era Environnement à travers un communiqué. Cette expédition a pour ambition d’ étudier la présence de microplastiques en Antarctique dans le cadre des efforts visant à résoudre ce problème environnemental croissant, même dans les régions les plus reculées de la planète, relève l’organisation internationale.

Vers l’évaluation de l’impact des microplastiques

Le président de l’Argentine, Javier Milei, et le directeur général de l’AIEA, Rafael Mariano Grossi, se sont joints à l’équipe scientifique de l’AIEA dans les bases antarctiques argentine de Marambio et d’Esperanza pour marquer le début de leur mission. Le ministre de la Défense Luis Petri, les ministres de l’Intérieur et des affaires étrangères, Guillermo Francos et Diana Mondino étaient également présents.

D’après l’AIEA, une équipe de recherche composée de deux personnes partira pour un mois afin d’évaluer l’impact des microplastiques en étudiant sa présence et sa distribution dans l’eau de mer, les lacs, les sédiments, le sable, Les rejets d’eau et d’animaux de l’écosystème antarctique près de la station de recherche scientifique Carlini argentine.

Les techniques NUTEC

Des techniques particulières, issues du réseau de laboratoires de surveillance plastique NUTEC, seront utilisées pour produire des données sur la distribution des microplastiques marins par échantillonnage et analyse de la prévalence des microplastiques dans l’environnement. D’après l’AIEA, ces données scientifiques précises représentent des renseignements importants pour l’élaboration de mesures et de politiques d’atténuation et d’élimination du plastique.

Selon les informations reprises par Era Environnement, la technique NUTEC (Technologies nucléaires pour contrôler la pollution plastique) s’appuie sur les efforts déployés par l’AIEA pour lutter contre la pollution plastique par le recyclage au moyen de la technologie des rayonnements et de la surveillance marine au moyen de techniques de traçage isotopique. Il fournit des preuves scientifiques pour caractériser et évaluer la pollution marine par les microplastiques, tout en démontrant l’utilisation des rayonnements ionisants dans le recyclage du plastique, transformant les déchets plastiques en ressources réutilisables.

Le traité international sur la pollution plastique

L’AIEA rappelle, dans son communiqué, que les premières preuves de microplastiques – particules de plastique de moins de 5 mm de diamètre- trouvées dans la banquise côtière de l’Antarctique remontent à 2009, lorsque des chercheurs de l’Université de Tasmanie ont échantillonné la glace de mer dans l’Antarctique oriental.  L’organisation internationale affirme qu’ il n’y a cependant toujours presque aucune information disponible sur la localisation et la quantité de microplastiques dans l’Antarctique. Il existe également très peu de données sur les types de microplastiques atteignant cette zone vierge par les courants océaniques, les dépôts atmosphériques et la présence d’humains dans l’Antarctique.

Dans la résolution de mars 2022 sur le traité international sur la pollution plastique, les États membres des Nations Unies, rappelle l’AIEA, se sont engagés à entamer des négociations pour un nouveau traité mondial sur l’interdiction de la pollution plastique, y compris dans le milieu marin, avec l’objectif d’une adoption formelle d’ici 2025. De fait, le réseau de laboratoires NUTEC de l’AIEA pour la surveillance de la pollution plastique (micro-) marine, y compris dans les zones polaires, jouera un rôle crucial en fournissant des preuves scientifiques essentielles à l’appui d’une décision éclairée, précise l’AIEA.

« En étendant notre présence dans le monde entier, nous avons apporté notre expertise spécialisée en Antarctique, où nos efforts peuvent apporter des changements nécessaires », souligne le directeur général Grossi.

Depuis sa création en 1961, les Laboratoires de l’environnement de l’AIEA à Monaco ont fourni aux États membres de l’AIEA les outils et les connaissances nécessaires pour comprendre et relever les défis urgents de l’environnement marin. L’AIEA héberge le seul laboratoire d’environnement marin du système des Nations Unies.

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