COP 28 : Célébrer une planète qui mérite d’être protégée – Call to Earth- CNN

Par ERA ENVIRONNEMENT

Pour la troisième année, CNN célèbre le 28 novembre une planète qui mérite d’être protégée grâce à l’initiative Call to Earth. La chaîne de télévision américaine implique des écoles, des individus et des organisations à travers le monde pour sensibiliser aux questions environnementales et s’engager dans l’éducation à la protection de la planète. À la télévision, sur le site internet de la chaîne privée américaine et sur les réseaux sociaux, les journalistes mettent en avant des solutions pour protéger la faune et la flore et expliquent le rapport entre l’homme et nature. CNN présentent des portraits de personnes aux profils singuliers.

Pour l’Appel à la Journée de la Terre de cette année, en anglais  » Call to Earth, CNN dénoue la relation cruciale entre les villes et la nature sauvage. Dans une émission spéciale d’une demi-heure,  » Our Shared Home », à la télévision, reprise sur les réseaux sociaux, les équipes de CNN questionnent et apportent des solutions sur les conflits entre l’homme et la nature dans les villes, mais aussi dans les milieux ruraux.

Un programme indemnisant les pertes agricoles

CNN rappelle qu’en début d’année, l’Inde a détrôné la Chine en tant que pays le plus peuplé du monde, marquant une ascension impressionnante. Même si seulement 5 % de son territoire est occupée par la nature, l’Inde se distingue en abritant la plus grande concentration mondiale de tigres et d’éléphants asiatiques. Année après année, des milliers de situations opposent les communautés locales à ces majestueux mammifères, engendrant dégâts, blessures, et trop souvent, des pertes tragiques des deux côtés.

Dans le documentaire diffusé sur CNN, le Dr. Krithi Karanth, biologiste spécialisée en conservation et lauréate du prix Rolex, un prix reconnaissant des actions humanitaires , encourage la population locale vivant près des parcs nationaux à prendre soin de la faune malgré les défis « Une mégafaune charismatique cohabite avec une population extrêmement dense, qui se lancent parfois dans des raids dévastateurs sur les cultures et le bétail », souligne-t-elle, mettant en exergue l’urgence de la situation.

Dr Krithi Karanth sur « Our shared home »

En qualité de directrice exécutive du Centre for Wildlife Studies (CWS), le Dr. Karanth a consacré ces deux dernières décennies à faciliter l’accès des communautés rurales à un programme indemnisant leurs pertes. Cette approche pragmatique a significativement atténué l’hostilité des communautés rurales envers la faune. «  Cela ne résout pas entièrement le problème, mais au moins, cela apaise les gens et prévient les représailles empreintes de colère et de frustration envers, notamment, les grands animaux», explique la biologiste. En menant ses recherches, le Dr. Karanth a visité 3 000 villages situés dans des zones de conflit, cherchant des moyens de minimiser l’impact des espèces sauvages sur les communautés rurales. « Je rentre avec une profonde admiration pour ces individus, car malgré les épreuves répétées, ils comprennent la nécessité de trouver un moyen de cohabiter avec la faune», affirme-t-elle.

« Trouver un équilibre entre le développement et la préservation de la nature est un véritable défi »

A Singapour, une des villes au développement le plus fulgurant au monde, il existe une pression constante sur les ressources naturelles de ce pays face à une population urbaine dense. La ville abrite le langur de Raffles, classé parmi les 25 primates les plus menacés au monde, avec seulement quelques centaines d’individus survivant à l’état sauvage. Le Dr Andie Ang, primatologue, s’est engagée résolument dans une mission de sauvetage.  « Trouver un équilibre entre le développement et la préservation de la nature est un véritable défi », explique-t-elle. Et de poursuivre: « Cependant, j’ai confiance, car nous avons atteint un stade où nous reconnaissons l’importance de préserver ces habitats pour cohabiter harmonieusement avec nos voisins sauvages ».

Sur « Our shared home », le Dr Andie Ang, primatologue, en bas à gauche

Selon le Dr Ang, l’une des plus grandes menaces pesant sur les langurs est la fragmentation de leur habitat. Les ponts verts de la ville facilitent le passage des animaux d’un refuge à l’autre, mais il demeure crucial pour la survie de l’espèce que les forêts restent intactes.  Pour Ryan Lee, directeur de la gestion de la faune à NParks, l’installation de ces ponts a fait ses preuves. « Cela réduit le nombre d’animaux tués sur les routes et améliore la mobilité des primates à Singapour », relève-t-il.

En Tasmanie, les petits pingouins vivent aux côtés des habitants . En collaboration avec les défenseurs de l’environnement locaux, l’université de Tasmanie qui est en pleine expansion, transforme ses parkings en havres dotés de plantes indigènes et de terriers artificiels pour les manchots. Pour Perviz Marker, bénévole au sein de l’association Friends of Burnie Penguins, malgré la perte de certaines colonies du sud-est du pays, de nombreuses colonies sont encore en vie  » grâce aux soins apportés à la côte et à l’engagement de la communauté ».

Alors que la Tasmanie s’engage vers un avenir plus durable, la transition vers une production d’énergie propre pose une menace importante sur les habitats naturels de l’île, rappelle CNN. D’après l’écologiste Bob Brown  il y a un dilemme. « Nous sommes confrontés à un double défi, deux facettes d’une même réalité. D’une part, l’extinction massive des espèces qui s’accélère en raison de notre destruction de la nature, et d’autre part, le réchauffement de la planète qui s’accélère en raison de notre consommation de combustibles fossiles et de la déforestation ». Mais l’activiste reste optimiste. » Il nous reste encore des zones naturelles intactes, tant dans les océans que sur terre. La préservation de ces trésors incombe à notre génération, car aucune génération future ne pourra revenir en arrière et annuler les conséquences de nos actes actuels ».

L’île de Robbins, située au large de la côte nord de la Tasmanie, se classe parmi les endroits les plus venteux de la planète et pourrait bientôt abriter l’un des plus grands parcs éoliens mondiaux. Bien que cette perspective puisse contribuer à alimenter en énergie propre le réseau électrique du pays, les écologistes redoutent les répercussions sur l’habitat d’espèces précieuses, dont le diable de Tasmanie. Greg Irons, directeur du premier et unique centre de sauvetage des animaux sauvages de Tasmanie, décrit la singularité de la région : « Nous incarnons une sorte d’arche de Noé pour la faune australienne, un ultime refuge pour plusieurs espèces qui peuplaient autrefois toute l’Australie et qui ne subsistent plus qu’en Tasmanie ».

L’écologiste Bob Brown en bleu à gauche- Creg Irons. à droite, Directeur du premier et unique centre de sauvetage des animaux sauvages en Tasmanie

La diffusion sur CNN de ces portraits pose le débat sur la situation au Gabon en Afrique Centrale. D’après Sosthène, Ndong, représentant du syndicat des éco-gardes du Gabon, la situation entre l’homme et la faune n’a pas changé. « L’ancien ministre des eaux et forêts, Lee White avait promis un dédommagement aux communautés dont les récoltes ont été abîmées par les éléphants ». Le paysage politique au Gabon a été modifié suite au coup d’Etat. La mise en place d’un gouvernement de transition devait, selon les protagonistes, permettre une meilleure intégration des préoccupations locales. Pour l’heure, les populations locales vivant près des forêts font face à des défis colossaux liés à la relation avec les animaux, le foncier et l’espace dédié aux entreprises.

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