Séréhini: Après le Cyclone Kenneth
Mai07

Séréhini: Après le Cyclone Kenneth

Séréhini:  Après le Cyclone Kenneth Deux jours après le passage du cyclone Kenneth, les Comores se réveillent difficilement. Plusieurs habitations et récoltes sont détruites. Plus d’une dizaine de milliers de personnes sont touchées par le cyclone et 4 personnes sont décédées, selon les chiffres officiels.  A Séréhini,  à environ 6 kilomètres de la ville de Moroni, capitale des Comores,  un jeune homme est debout sur la route. Il fait très chaud. Le soleil brille à son Zénith.  Un autre jeune homme ,  casquette sur la tête,  est assis sur un banc en briques situé en face de la Présidence, la résidence secondaire du président des Comores construite dans les  années 80. Le taxi s’arrête et dépose des personnes. Il est 11h17.   Le jeune homme se lève.  Il  est accompagné par plusieurs jeunes hommes, les hommes se  dirigent vers des champs d’exploitation agricole. Il gère 10 champs loués  à des propriétaires vivant à Séréhini et dans la région pour un prix de 300 euros par champs et par an.  Il est le président de l’association d’agriculteurs Ujamaa. C’est la première fois qu’il subit une catastrophe naturelle.  A ce jour, il n’a reçu aucun soutien financier.  Une partie de ses récoltes est dévastée par le cyclone, notamment les bananeraies, cultures très appréciées par les comoriens,et très rentables. La destruction des bananeraies  est une perte énorme pour ce jeune homme de 32 ans, originaire d’Anjouan, l’île voisine située dans l’archipel des Comores. Monsieur Saifi, c’est son nom, travaille comme agriculteur à la Grande Comore depuis 13 ans. Il  a planté de nombreuses bananeraies dans les champs qu’il cultive.  Aux Comores, la population vit majoritairement de l’agriculture.  Les cultures vivrières et de rente sont abondantes, mais manquent d’usine de transformation et d’encadrement. Les Comores font partie des Pays les Moins Avancés au Monde.  L’installation de la bananeraie, de la cocoteraie,  mais aussi de taros  sous forêt naturelle est héritée de la colonisation. Il existe plusieurs espèces endémiques autour des bananeraies, plus particulièrement dans les forêts comoriennes.  Les Comores disposent d’un patrimoine faunistique méconnu au niveau international et son menacées depuis de nombreuses années par des problèmes environnementaux liés entre autres aux changements climatiques. Reportage. Par Houmi Ahamed-Mikidache         Serehini1 (1)         Serehini2         lad_couvertedelaciterne   Monsieur Saifi vit à Vouvouni, une ville située au centre sud de Moroni, la capitale de l’Union des Comores. Chaque champs dispose d’une citerne qui permet d’arroser les cultures. Les perspectives Monsieur Saifi a été formé par un congolais de la République Démocratique du Congo qui travaillait au ministère de la production dans les années 80. Aujourd’hui cette personne est décédée, mais lui a permis d’apprendre à cultiver des cultures...

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Comme si tout allait bien
Avr10

Comme si tout allait bien

Comme si tout allait bien   Par Houmi Ahamed-Mikidache   Nous sommes aux  Comores depuis quatre mois. Quatre mois où nous essayons de faire fonctionner  notre média ERA ENVIRONNEMENT. Pas facile. La situation politique ne permet pas d’établir des relations internationales avec les  Comores. Nous avons pourtant la possibilité de travailler avec de nombreux pays en Afrique et ailleurs. La jeunesse comorienne a besoin de s’ouvrir et doit pouvoir présenter les caractéristiques spécifiques des îles, connues pour leurs nombreuses espèces endémiques. Cette jeunesse peut aussi travailler en collaboration avec d’autres jeunes et partager des expériences liées au développement durable et à la lutte contre les changements climatiques. Hélas, la jeunesse en général  ne semble pas intéressée par la protection de l’environnement et les opportunités de développement durable. Elle est animée par ce désir de quitter le pays. L’entrepreunariat des jeunes ici est embryonnaire et la fonction publique est saturée.  ERA ENVIRONNEMENT  prône l’action par l’information et la formation. Nous  ne nous décourageons pas. Nous arriverons à créer une dynamique autour de l’information sur les métiers issus du développement durable. Mais le chemin est encore long… La connaissance : la meilleure arme Nous pensons néanmoins que les Comores peuvent  être le carrefour de la connaissance sur les métiers verts notamment. Par contre,  nous ne pouvons pas passer à côté de l’actualité de ce pays, marquée par plusieurs crises politiques successives. Nous pensons qu’il est nécessaire pour la population de connaître son histoire . La jeunesse, notamment ne doit pas vivre avec l’idée du départ sans savoir. Un départ par tous les moyens. Un départ pour oublier les Comores et la situation de cet archipel méconnu au niveau international, mais aussi au niveau national. Les résultats de l’élection présidentielle et ses conséquences posent  question.   Combien de fois, les Comores ont fait l’objet de couverture médiatique pour des crises politiques ? Combien de fois  en France avons-nous entendu parler des coups d’Etats commandités par Bob Denard ? Il est d’ailleurs décédé depuis de nombreuses années.   Pourquoi aujourd’hui parle-t-on encore de tentative de coup d’Etat dans ce pays ?   Pour quelles raisons les autorités comoriennes ont-elles eu recours à la cour de sûreté, une  juridiction exceptionnelle ?  Cette juridiction est-elle légitime ? Y a-t-il un traumatisme lié aux coups d’Etat passés ?  Pourquoi la justice est-elle difficile à comprendre dans ce  pays ?  Pourquoi ne vulgarise-t-on  pas les différents droits utilisés aux Comores ? Pourquoi l’histoire récente de ce pays n’est-elle pas analysée ? La parole est discrète Je viens de présenter ERA ENVIRONNEMENT à des étudiants en troisième année de droit à l’université des Comores. Nous avons entre autres échangé sur l’avenir des jeunes aux Comores, sur le positionnement de la jeunesse...

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Election présidentielle aux Comores: la population en attente de solutions
Mar25

Election présidentielle aux Comores: la population en attente de solutions

  Dimanche 24 Mars, plus de 300 000 comoriens ont été appelés aux urnes dans le cadre de l’élection présidentielle en Union de Comores. Au lendemain de ces élections très difficiles , ERA ENVIRONNEMENT revient sur les attentes de la population dans certaines localités. Rencontres.   Ecoutez Ilias Ibrahim Mzahahé , Agriculteur, de Nioumadzaha Bambao, une localité du sud de la Grande Comore (Union des Comores).                   STE-019 Amina Djoumoi, Nioumadzaha Bambao Pour cette mère de sept enfants, la ville de Nioumadzaha Bambao ne souffre de pas de la faim.Mais la seule difficulté est le manque d’intérêt des jeunes pour l’agriculture. Era Environnement:  Aujourd’hui vous  votez, que pensez-vous du rôle de la jeunesse dans les activités liées à  l’agriculture  à Nioumdzaha Bambao? Amina Djoumoi: Un de mes enfants cultive de temps en temps et depuis quatre nous ne manquons de rien. Nous vivons du manioc et des bananes qu’il cultive. Mais aucun de mes enfants travaillent. Moi, je vend du bois et je vend ce que mon fils cultive. Grâce à Dieu,  je n’ai jamais mendié pour manger. A Nioumadzaha Bambao, vous avez de l’Ylang Ylang, de la Vanille et du Girofle, n’est-ce pas ? Oui, on a beaucoup de vanille et aussi du manioc, des bananes. On ne souffre pas. Mais ce qui nous gêne c’est de voir nos enfants sans activités, ne désirant pas cultiver. Parce qu’ils se sentent “patrons”. Ils pensent que cultiver n’est pas propre. Seul 1 jeune sur 10 est intéressé par l’agriculture ici. J’ai sept garçons. Regardez ce jeune, c’est mon fils. Depuis le début de la campagne, je ne l’ai pas vu. Je ne sais pas quel est le       AminaDjoumoi (1) candidat favori, mais…j’espère qu’il se portera bien si Dieu le veut.   Elamine Mohamed Ahmed- Dembeni, Etudiant. Que représente Dembeni en termes de ressources naturelles? Dembeni regroupe plusieurs communes. Dembeni est une zone d’agriculteurs et d’intellectuels. Notre agriculture est basée, entre autres,  sur la culture de la tomate, du manioc. Les Comores, Petit Etat Insulaire en Développement, sont victimes de changement climatique. Concrètement, comment le vivez-vous à Dembeni? Le changement climatique est visible. Les saisons ne sont plus respectées. La saison du fruits à pain et des jacquiers est décalée. On les retrouve aussi  pendant le mois du ramadan. La période des tomates est aussi inversée. On se retrouve avec des décalages importants. Et c’est lié au dérèglement climatique. Nous sommes aujourd’hui au premier tour de l’élection présidentielle quelles sont vos attentes par rapport aux difficultés que vous vivez ici avec le changement climatique ? Dans le bavou de Gongwe, où nous nous trouvons, nous n’avons jamais vu de...

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Le droit foncier: une réelle problématique aux Comores
Mar03

Le droit foncier: une réelle problématique aux Comores

Le droit foncier: une réelle problématique aux Comores   A Samba M’bodoni,  un village situé  dans la région d’Itsandra au nord de la Grande Comore,  plus précisément  entre les villes de  Ntsoudjini et Dzahani II, il  existe plusieurs problématiques reliant le partage des terres découlant de l’héritage maternel et paternel.  Présentation.   Par Asdjad Abdouroihamane ( stagiaire) avec ERA ENVIRONNEMENT Ngazidja (Grande Comore)  est une des quatre îles de l’Union des Comores. Comme dans toutes ces îles, il y a de  nombreuses querelles  liées à la répartition des terres découlant du droit foncier, l’étude des règles qui régissent la gestion des terres. A Samba M’bodoni,  un village situé  dans la région d’Itsandra plus précisément  entre Ntsoudjini et Dzahani II, il existe plusieurs problématiques reliant le partage des terres issu de l’héritage maternel et paternel. Dans ce village aux Comores, les terres paraissent fertiles. Mais, elles sont victimes des changements climatiques. Ces terres ont jadis fait l’objet d’un développement de cultures de rente : Vanille, Ylang Ylang, Girofle. En ce moment, la végétation  est abondante. Il pleut beaucoup en ce moment.   Il est intéressant de se familiariser avec la nature (la flore en particulier) et de comprendre son fonctionnement et ses changements. Mariage coutumier et protection des terres Comme dans toute la Grande Comore, le quotidien tourne autour du Anda, le grand mariage. Ce mariage coutumier est le point d’ancrage des Comores. Il est mis en exergue par les biens matériels liés au droit foncier. Mais ce droit foncier n’est pas forcément respecté dans le pays, parce qu’il engendre plusieurs aspects juridiques: le droit musulman, le droit coutumier, le droit découlant des pratiques de la colonisation. Et ces nombreux droits sont difficiles à suivre dans un pays où le citoyen lambda n’est pas intéressé par l’écrit, mais plutôt par l’oral. Pourtant, le mariage coutumier ne peut se faire en Grande Comore comme dans toutes les îles sans la construction d’une maison.  La propriété immobilière est nécessaire à la célébration du mariage coutumier. Mais cette propriété immobilière où plutôt l’accès à la construction pose question dans la mesure où le droit foncier n’est pas légiféré réellement aux Comores. Que représente la terre aux Comores? La terre est « source de vie ». Elle crée la richesse dans la mesure où elle est bien exploitée. Le manyahuli est un terme comorien signifant la transmission des biens par les femmes.  Ce  sont les femmes les propriétaires des biens.Les terres sont transmises aux filles de la famille. Celles-ci doivent les transmettre à leur tour à leurs filles.   La problématique se pose lorsqu’une femme n’a malheureusement pas eu de filles.  Qu’en est-il de l’ héritage légué par une femme à un homme? Comment...

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La jeunesse comorienne face aux questions de développement durable
Jan27

La jeunesse comorienne face aux questions de développement durable

La jeunesse comorienne face aux questions de développement durable La fleur d’Ylang Ylang  n’est plus le produit de rente phare des Comores, le Girofle a pris sa place, suivi de la vanille, a récemment affirmé le gouverneur de la Banque Centrale des Comores . Face à près de 80%  d’ importations dans l’Union, les Comores ont  présenté, il y a quelques jours, une stratégie de développement des cultures de rente et des cultures vivrières dans les trois îles, autour de la jeunesse et  l’entrepreneuriat, lors d’une rencontre à l’assemblée nationale entre le président de l’Union des Comores Azali Assoumani et la jeunesse estudiantine. Mais que pense le citoyen lambda? Portraits d’acteurs de terrains à Samba M’bodoni, dans la région d’Itsandra. Par Houmi Ahamed Mikidache   Mohamed Mzé, l’homme aux responsabilités   Mohamed Mzé, 43 ans a toujours vécu dans son village natal à Samba M’bodoni, dans les hauteurs, situé dans la région d’Itsandra (Grande Comore). Sa motivation : aider sa famille et la soutenir  quelles que soient les circonstances. « Je suis responsable de ma famille :  quand un de nos membres proche ou éloigné est malade, je me dois de l’accompagner et de le soutenir, et je suis aussi amené à voyager avec lui. Et d’insister sur un point : « Je reviens toujours chez moi, parce que je ne souhaite pas quitter définitivement  mon village et les Comores. Mohamed n’est pas fils unique, il a un frère et trois soeurs. Il perpétue la tradition comorienne ( de la Grande Comore) en participant aussi à la construction des maisons de ses sœurs et nièces. La tradition comorienne veut que l’oncle maternel soit celui qui construit la maison de sa nièce. L’oncle maternel fait aussi office de référent parental. Mohamed n’a pas vraiment d’emploi fixe. Il cultive parfois, et il s’intéresse de très près  au développement de son village. « Je ne sais pas comment, mais je suis toujours présent lorsqu’une action de développement a lieu au village, » souligne-t-il. Il a participé à la construction de la place publique ( lieu de rencontre dans le village), des routes,  de l’installation des poteaux électriques du village de Samba M’bodoni. Mais il reste sceptique sur le rôle  des jeunes dans le développement de son village : « la jeunesse ici est animée par l’envie de quitter le pays et d’aller en France, les jeunes d’ici  ne sont pas nombreux à penser au devenir du village : on peut en trouver deux ou trois, mais ça s’arrête là. Samba M’bodoni est pourtant connue pour sa verdure et pour l’exportation jadis de cultures de rente telles que la vanille et le girofle.   L’envie d’entreprendre de Moussa Said   Moussa Said a 36 ans...

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Gestion des déchets aux Comores: Vers une solution durable
Jan24

Gestion des déchets aux Comores: Vers une solution durable

Gestion des déchets aux Comores: Vers une solution durable   Analyse  par la rédaction aux Comores publié prochainement    ...

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