Bénin : les zones humides en danger

Bénin : les zones humides en danger

Les zones humides disparaissent trois fois plus vite que les forêts et les conséquences seront graves pour l’avenir de la planète à moins que des mesures ne soient prises de toutes urgences pour les sauver a alarmé la Convention de Ramsar  dans un rapport publié récemment.

Explications par Hippolyte Agossou

ZS

Les zones humides disparaissent trois fois plus vite que les forêts et les conséquences seront graves pour l’avenir de la planète à moins que des mesures ne soient prises de toutes urgences pour les sauver a récemment alarmé la Convention de Ramsar (traité mondial ratifié par 170 pays, la Convention de Ramsar vise à protéger et promouvoir l’utilisation rationnelle des zones humides ).

Alarmant

Le rapport indique qu’entre 1970 et 2015, environ 35% des zones humides de la planète ont disparu avec une disparition qui s’accélère depuis 2000. Les raisons : changements climatiques, démographie galopante, urbanisation des zones côtières et des deltas fluviaux, évolution des modèles de consommation, changements intervenus dans l’utilisation des terres et de l’eau dans l’agriculture.
Le rapport montre qu’aucune région dans le monde n’est épargnée. Il indique que les zones humides, lacs, cours d’eau, marais et tourbières, ainsi que les zones marines et côtières telles que les estuaires, lagunes, mangroves et récifs coralliens couvrent actuellement plus 12,1 million km2, une superficie plus vaste que celle du Groenland. Mais, il déplore l’information suivante: entre 13% et 18% de ces zones sont seulement inscrites sur la Liste de Ramsar des zones humides d’importance internationale et sont des sites protégés.

Le cas du Bénin

De nombreuses zones humides au Bénin retiennent l’attention à l’international : la basse vallée de l’Ouémé, la lagune de Porto-Novo et le lac Nokoué ( la plus vaste du Bénin avec une superficie avoisinant 91 600 hectares) ,le site du parc W ( au cœur du complexe transfrontalier et qui est conjointement géré par le Bénin, le Niger et le Burkina-Faso et qui est couvert par la convention de Ramsar depuis 2007). Ces zones humides accueillent les oiseaux migrateurs notamment. Elles servaient de zone de refuge pendant la période coloniale.

Malgré la ratification de cette Convention par le Bénin, les zones humides font objet de surexploitation et sont devenues des dépotoirs avec de nombreux déchets en plastiques, une destruction massive de mangroves. Bien qu’il existe des mesures de protection liées au droit de l’environnement au niveau national ( article 64 du Code foncier domanial), une partie de la population exerce sur les zones humides des activités de contrebande qui polluent l’eau.   Autre source de pollution: l’usage des pesticides dans les villages agricoles environnants. Conséquences : une bonne partie de ces produits chimiques se retrouve dans les eaux qui accueillent la plupart des oiseaux migrateurs, déclarés comme espèces menacées de disparition sur la liste rouge de l’union internationale pour la conservation de la nature(UICN). Pourtant ces zones assurent les services d’épuration, d’approvisionnement en eau au Bénin, par le biais de la Société des Eaux du Bénin (SONEB). D’après le Dr. Gilles Nago, enseignant à la faculté d’Agronomie de l’université de Parakou, ces zones humides ont  pour vos vocation de réguler les crues et de  limiter les inondations. Le rapport mondial de la Convention Ramsar rappelle aussi que les zones humides sont une source vitale d’aliments, de matières premières, de ressources génétiques pour la pharmacopée et d’énergie hydroélectrique. Elles renforcent la résilience des communautés aux catastrophes et jouent un rôle important dans le transport, le tourisme et le bien être culturel et spirituel de tous les peuples.

Les solutions

Le rapport souligne principalement  la nécessité pour les gouvernements de se doter de plans de gestion efficaces des zones humides dans la préparation et l’application de plans nationaux sur le développement durable et les changements climatiques notamment. Pendant la COP 21 à Paris, chaque pays  a présenté un plan d’action d’adaptation et d’atténuation pour lutter contre les changements climatiques. Ces plans d’action  sous condition financière ont commencé à être mis en oeuvre par certains pays. Pour les experts de Ramsar, une bonne gouvernance des institutions au niveau local, national, et régional est cruciale pour prévenir la perte et la dégradation des zones humides. Ils recommandent la mise à disposition de mécanismes de financement destinés aux communautés et aux entreprises afin de les inciter à protéger les zones humides.

Author: ERA ENVIRONNEMENT

ERA ENVIRONNEMENT is a media based in SAMBA M'BODONI, a village in the North of Comoros Islands in the Indian Ocean . It was first an association "de loi 1901" in 2016 based in France and dissoluted in 2017. On April 2018, ERA ENVIRONNEMENT was established as an company in Comoros Islands with the commercial register 8671-B-18. The activities in Comoros Islands started in January 2019. Localized in one of the six Small Islands States of Africa, ERA ENVIRONNEMENT is the unique media in Comoros with a vocational training on sustainable development and climate change with two teams of young and senior journalists. All rights reserved. ERA ENVIRONNEMENT est un média basé à Samba M’Bodoni, un village situé dans le nord de la Grande Comore, dans l’Océan Indien. Basée anciennement à Paris en 2016, en France, cette association a été dissoute en 2017 .En Avril 2018, ERA ENVIRONNEMENT est devenue une entreprise de presse comorienne avec comme registre de commerce N° 8671-B-18 . Localisée dans l’un des six Petits Etats Insulaires en développement d’Afrique, ERA ENVIRONNEMENT a commencé ses activités en Janvier 2019. Cette entreprise de presse est l’unique média intégrant une formation au développement durable et aux changements climatiques, avec une équipe de jeunes et de seniors journalistes. Tous droits réservés.

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