Les énergies renouvelables en plein essor- Etude BNEF

Les énergies renouvelables en plein essor- Etude BNEF

bloomberg-new-energy-finance-squarelogo-1393232554892Une récente étude de Bloomberg New Energy Finance (BNEF) révèle l’essor des énergies renouvelables dans le monde. Datant de 2011, le précédent record (317 Md$ -289,4 Md€) est désormais battu. Analyse

Par Houmi Ahamed-Mikidache

En 2015, l’investissement dans les énergies renouvelables en Chine, en Afrique, aux Etats-Unis d’Amérique, en Amérique Latine et en Inde, a atteint des chiffres records, d’après une étude récente publiée par l’institution financière Bloomberg New Energy Finance (BNEF). 329, 3 milliards de dollars, (303 milliards d’euros), soit 4% de plus qu’en 2014 ont été effectivement investis dans les énergies vertes , l’an dernier. Cet investissement bat ainsi le précédent record de 2011, de 317 milliards de dollars ( 289 millions d’euros). La plus grande part des 329, 3 milliards de dollars investie dans les énergies propres en 2015 était consacrée à des financements de projets, tels que les fermes éoliennes, les parcs solaires, la biomasse et la récupération d’énergie par l’incinération des déchets ainsi que des petits projets hydroélectriques.Ces petits projets totalisent 199 milliards de dollars en 2015, soit une augmentation de 6% par rapport à 2014. Avec une progression de près de 30% par rapport à 2014, soit 64 gigawatts d’éolien et 57 GWc de photovoltaïque, l’investissement mondial dans les énergies renouvelables a vu son montant augmenter 6 fois depuis 2004 , indique l’étude BNEF.

Un bilan toutefois mitigé

Le rapport souligne une baisse du coût de l’énergie photovoltaïque, avec une monnaie américaine, plus forte. Cela a aussi permis des investissements, précise l’institution financière . Selon l’étude, le gaz naturel aux Etats-Unis a régressé de 48% sur l’index Henry Hub, passant de 4,42 dollars à 2, 31 dollars par millions d’unités thermiques britanniques . En 2015, l”investissement du Brésil dans les énergies propres est évalué à 7, 5 milliards de dollars. Cet investissement a toutefois diminué de 10% par rapport à 2014 . Alors que l’Inde a vu ses investissements progresser de 23% pour un montant de 10, 9 milliard de dollars, le plus élevé depuis 2011 , mais loin des chiffres attendus pour mettre en œuvre les projets ambitieux du gouvernement Modi, rapporte l’étude. 43, 6 milliards de dollars ont été investis par le Japon, soit une progression de 3%  . Au Canada, les investissements dans les énergies propres ont baissé considérablement de 43%, atteignant 4,1 milliards de dollars. En Australie, ces investissements ont atteint une hausse de 16%, soit 2,9 milliards de dollars.

Les marchés émergents

En 2015, selon l’étude BNEF, le Mexique , le Chili, l’Afrique du Sud et le Maroc se sont engagés à investir des dizaines de milliards de dollars dans les énergies propres. Le Mexique, avec une hausse de 114%, a investi 4, 2 milliards de dollars. Le Chili, avec une progression de 157%, a investi 3,5 milliards. L’Afrique du Sud a investi 4,5 milliards de dollars, soit une hausse de 329% et le Maroc a consacré 2 milliards de dollars dans les énergies renouvelable, en partant de quasiment zéro en 2014.

Les plus gros investissements

Selon l’étude BNEF , l’an dernier, le Royaume Uni, l’Allemagne ont fait partie des plus gros investisseurs dans les énergies renouvelables avec le projet anglais Race Bank de 580 Megawatt pour un montant de 2,9 milliards de dollars et le projet Galloper de 336 Megawatt , pour un coût de 2. 3 milliards de dollars, ainsi que le projet Allemand Veja Mate de 402 Megawatt évalué à 2,1 milliards de dollars. Au Mexique, 2,2 milliards de dollars ont été investis dans un projet d’énergie éolienne, de 1,6 Gigawatt par la société Nafin Mexico . C’est le plus grand financement dans ce secteur, d’après le rapport BNEF. Le Maroc fait aussi partie des gros investisseurs. 1, 8 milliards de dollars ont été investis, par le Royaume Chérifien, pour la centrale Noor, une centrale solaire de de 350 Mégawatt . Le Brésil a investi  921 million de dollars, dans le projet Kablin Ortiguera, le plus grand financement de projet biomasse.  La Turquie, autre important investisseur, a financé le plus grand projet géothermique de 170 Mégawatt, connu sous le nom de Guris Efeler, pour un montant évalué à 717 millions de dollars. Au total 67, 4 milliards de dollars ont été investis dans des petits projets dans le solaire en 2015, soit une progression de 12% par rapport à 2014 , avec le Japon parmi les plus gros investisseurs suivi par les Etats-Unis et la Chine.

La Chine, leader incontesté

En 2015, la Chine a investi 850 millions de dollars à Longyuan Haian Jiangjiasha et Datang et Jiangsu Binhai, deux projets de 300 Megawatt chacun . Ce pays a aussi investi 500 millions de dollars dans des projets de construction de voitures électriques par le biais de l’entreprise NextEV. D’après l’analyse BNEF, la Chine a encore une fois été le plus gros investisseur dans les énergies propres en 2015, avec une progression de 17%, atteignant ainsi 110, 5 milliards de dollars d’investissement pour faire face à la demande d’électricité, limiter la pollution due au charbon et devenir leader international dans les énergies renouvelables.

Les Etats-Unis, en seconde position

En 2015 , les Etats-Unis ont investi 57 millions de dollars dans les énergies renouvelables, soit une progression de 8% par rapport à 2014, un chiffre record depuis la « relance verte » de 2011.

Les Etats-Unis ont investi dans des projets de construction de panneaux solaires de 294 Mégawatt, par le biais de la société Silver State South Project, pour un montant de 744 millions de dollars. L’Amérique a signé d’importants contrats dans le marché public des entreprises pour 750 millions de dollars sur la construction de voitures électriques Tesla Motors. Mais le pays a aussi investi 688 millions de dollars, suite à un appel d’offre de l’entreprise TerraForm Global, une entreprise américaine qui oeuvre dans des projets d’énergie renouvelable dans les marchés émergents. Toutefois, l ‘investissement dans les énergies renouvelables dans le marché public des entreprises était de 14, 4 milliards de dollars en 2015, une baisse de 27% par rapport à l’année 2014, mais en lien avec la moyenne des 10 dernières années.

L’Europe en déclin

Ancien investisseur majeur dans le secteur des énergies renouvelables, l’Europe est en déclin. 58, 5 milliards de dollars ont été investis dans ce secteur en 2015, soit une baisse de 18% sur 2014. Ces chiffres sont les plus faibles depuis 2006. Même si le Royaume Uni se démarque. Le Royaume Uni, est de loin le marché le plus fort, souligne le rapport. Il a vu ses investissements augmenter de 24% , atteignant 23,4 milliards de dollars. L ‘Allemagne a investi 10, 6 milliards de dollars, soit une baisse de 42%. Les investissements dans les énergies renouvelables en France ont considérablement diminué, selon l’étude, de 53% pour atteindre 2,9 milliards de dollars. L’Europe, souligne l’étude fait face à une faible économie continue ces dernières années. Cette crise économique s’est accompagnée par la chute du prix des matières énergétiques fossiles. Au cours des 18 mois jusqu’à la fin de l’année 2015, le prix du Brent a chuté de 67%, passant de 112, 36 dollars à 37, 26 dollars par baril , fait remarquer l”étude de l’institution financière . Le marché international du charbon à vapeur livré à la plaque tournante du nord ouest de l’Europe a chuté de 35%, passant de 73,70 dollars à 47, 70 dollars par tonne, précise le rapport.

 

Mais, y a-t-il un lien entre la chute du prix du pétrole et le financement de projets dans le secteur des énergies renouvelables ?

Ethan Zindler, responsable de BNEF aux Etats-Unis donne son point de vue

Ethan-Zindler-262x272bloomberg-new-energy-finance-squarelogo-1393232554892« Je ne pense pas qu’on pourrait attribuer la chute du prix du pétrole, de façon substantielle, à l’augmentation de l’utilisation des énergies renouvelables. Le pétrole n’est pas utilisé comme source énergétique. Par exemple aux USA , le pétrole ne compte que 2% de toute la production d’électricité . En d’autres termes, le marché des énergies renouvelables ne concurrence pas directement le pétrole comme une source énergétique. Mais, plus souvent, la compétition se situe entre les énergies renouvelables et le charbon, le nucléaire, ou le gaz. Même les énergies renouvelables à bas coût ne peuvent pas impacter la demande de pétrole et son prix. Il y a peut-être des exceptions, plus précisément dans les pays en voix de développement, où ils brûlent une importante proportion de pétrole pour la production énergétique. Mais, les énergies renouvelables sont interprétées de façon infime dans ces types de marchés et n’impactent pas la demande du pétrole. En d’autres termes, lorsqu’on parle de compétition, les énergies renouvelables et le pétrole ne jouent pas dans la même cour, » explique Ethan Zindler, responsable de BNEF aux Etats-Unis.

Author: houmi

I’ve started my career as a student in journalism in South Africa in 2001 at Rhodes University in Grahamstown ( Eastern Cape). With a bachelor degree in Communication and Information obtained in France, my native country, I’ve decided to learn investigative journalism in South Africa. So I followed a one year intensive course, studiying journalism specialized on TV, but also Writing and Editing and New Media. During my studies, I followed two internships in Johannesburg. One with Business Day ,a well known South African economic media and the other with Agence France Presse (AFP).

Share This Post On

En continuant à utiliser le site, vous acceptez l’utilisation des cookies. Plus d’informations

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer