La Banque Mondiale répond aux accusations

La Banque Mondiale répond aux accusations

Depuis quelques mois, l’Organisation non Gouvernementale  SOS Faim fait campagne contre les stratégies agricoles de la Banque Mondiale au Bénin.L’agroéconomiste sénior de la Banque Mondiale au Bénin,  Erick Herman ABIASSI  répond aux accusations. Entretien.

 

Eraenvironnement.com : Depuis quelques mois, certaines organisations paysannes comme SOS Faim s’opposent à vos stratégies au Bénin.  Selon l’ONG, vos projets de développement agricoles n’impliquent pas suffisamment les agriculteurs familiaux. Qu’en pensez-vous ?

 Erick Herman ABIASSI : D’une façon générale, les interventions de la Banque mondiale dans le secteur agricole visent à accroître les revenus des paysans, à améliorer leurs conditions de vie, et assurer la sécurité alimentaire pour tous. Dans ce sens, l’appui que nous apportons aux pays se focalise sur quatre grands axes : (i) améliorer les moyens de subsistance et de créer des emplois plus nombreux et de meilleure qualité ; (ii) soutenir une agriculture « climato-intelligente », c’est-à-dire une agriculture plus productive et résistante face au changement climatique ; (iii) stimuler le développement de l’agro-industrie en constituant des chaînes de valeur inclusives et efficaces ; et (iv) aider les agriculteurs à produire des aliments sains, nutritifs et en quantité suffisante pour nourrir tous les habitants de la planète.

Notre appui au Bénin est basé sur le Document de politique agricole élaboré par le Bénin lui-même et dont la mise en œuvre est soutenue par le Plan Stratégique de Relance du Secteur Agricole (PSRSA). Ce document met en exergue la prédominance des exploitations familiales qui caractérisent l’agriculture béninoise, et accorde une place au développement des entreprises agricoles modernes en vue de promouvoir une meilleure valorisation des produits agricoles.

 

La Banque Mondiale envisage-t-elle d’appuyer le Bénin dans la transformation locale des produits agricoles ?  Comment les paysans seront-ils soutenus dans cette démarche?

Les deux projets que nous soutenons actuellement, à savoir le Projet d’appui à la diversification agricole (PADA) et le Programme de Productivité Agricole en Afrique de l’Ouest (PPAAO) – et qui sont basés sur la stratégie du Bénin – ont pour objectifs d’améliorer la compétitivité et la diversification agricole, notamment à travers : l’adoption des technologies améliorées et la restauration de la productivité ; l’appui au développement des infrastructures d’irrigation et de marché ; l’appui à la coordination des chaines de valeur et le financement de l’agriculture ; la création de conditions propices à la génération, la diffusion et l’adoption des technologies agricoles ; et l’appui à la recherche dans le domaine du renforcement des capacités pour la recherche adaptative et le transfert des technologies.

Les agriculteurs familiaux à la base ont été associés à toutes les phases de préparation, de conception et de mise en œuvre des deux projets PADA et PPAAO ; et les organisations de la société civile, font partie du comité de pilotage des projets. Le dialogue est donc permanent avec les structures familiales à la base qui sont impliquées dans ces projets et leurs besoins sont pris en compte. A titre d’exemple : (1) le PADA a dû abandonner la stratégie de réalisation des grands aménagements hydro agricoles au profit des aménagements sommaires exécutés par les producteurs eux-mêmes sur leurs exploitations familiales ; (2) le PADA a apporté son appui financier à la réalisation de ces travaux de type communautaire à travers la mobilisation de la main d’œuvre familiale ; (3) Ces actions ont permis d’aménager et de réhabiliter 11 728 hectares de bas-fonds au profit de 18 491 bénéficiaires, dont 8 558 femmes ; (4) Cette amélioration du capital terre des exploitations agricoles familiales a permis à leurs bénéficiaires de produire par an 50.000 tonnes de riz paddy en moyenne ; (5) Ces superficies aménagées et mises en valeur par les agriculteurs à la base permettent de réaliser des cultures maraîchères en contre saison ; et (6) Une subvention en semences et engrais leur est également accordée.

Tous ces résultats sont là, et vous pouvez les constater directement sur le terrain par vous-même, et apprécier leurs impacts sur les bénéficiaires.

Mais l’appui à l’agriculture familiale ne doit pas exclure l’évolution des exploitations familiales vers des micros et petites entreprises agricoles basées sur la valorisation de la production locale. La professionnalisation des exploitations agricoles de type familial et de l’entrepreneuriat agricole sont donc nécessaires pour permettre à l’agriculture de contribuer plus à la croissance économique et à la réduction de la pauvreté. La stratégie du Bénin pour le secteur agricole encourage fortement l’entrepreneuriat agricole.

Le PADA, en quoi est-ce une réussite pour les paysans ? 

Le Projet d’appui à la diversification agricole ( PADA) a contribué à la création et à l’installation de dix (10) Entreprises de Service et Organisation Paysannes (ESOP) regroupant environ 2 500 producteurs pour la production et la transformation locale du riz. Le Programme de Productivité Agricole en Afrique de l’Ouest (PPAAO) a apporté son appui aux groupements de femmes dans la transformation du riz étuvé. Le PADA a également apporté son appui à dix groupements de femmes encadrés par le SNV pour la transformation locale des pommes cajou en jus. La production a déjà porté sur 6 000 litres de jus de pomme de cajou produites et commercialisées. Des appuis ont été apportés dans le cadre de la transformation des noix d’anacarde pour l’exportation et du jus d’ananas. Ici aussi, les résultats sont là, et vous avez pu le constater lors de la visite de terrain,

Propos recueillis par Hippolyte Agossou

La Banque Mondiale répond aux accusations

Author: houmi

I’ve started my career as a student in journalism in South Africa in 2001 at Rhodes University in Grahamstown ( Eastern Cape). With a bachelor degree in Communication and Information obtained in France, my native country, I’ve decided to learn investigative journalism in South Africa. So I followed a one year intensive course, studiying journalism specialized on TV, but also Writing and Editing and New Media. During my studies, I followed two internships in Johannesburg. One with Business Day ,a well known South African economic media and the other with Agence France Presse (AFP).

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