Etats-Unis: Retrait de l’Accord de Paris

Etats-Unis: Retrait de l’Accord de Paris

Par Houmi Ahamed-Mikidache

Le 1er Juin dernier, le président des Etats-Unis d’Amérique , Donald Trump a annoncé sa décision de se retirer de  l’Accord de Paris. Sans surprise. C’est une de ses promesses électorales. Mais, l’avenir de la planète est-il réellement en péril ?  Analyse

Remise en cause

L’an dernier, Donald Trump, alors candidat à l’élection présidentielle,  l’a suffisamment martelé : l’une de ses mesures phares sera de se retirer de l’Accord de Paris.Huit mois après l’ élection présidentielle américaine, le candidat devenu président,  a réaffirmé sa volonté de sortir de l’Accord des Nations Unies sur le Climat, adopté à Paris en décembre 2015.

Cet accord était déjà entré en vigueur le 4 novembre 2016, pendant l’administration Obama. Deux seuils nécessaires avaient été franchis : celui des 55% des émissions de gaz à effet de serre couvertes par les Parties et celui des 55 pays. Les Etats-Unis et la Chine avaient ratifié au même moment le texte de Paris. Ces deux pays sont les deux plus gros pollueurs de la planète : ils forment ensemble 42% d’émission de gaz à effet de serre. L’annonce récente de Donald Trump remet  en cause  l’engagement  précédent des Etats-Unis.

Les contradictions

En 2015, les Etats-Unis, deuxième pays le plus pollueur du monde, avaient affirmé vouloir , à travers leur plan d’action national,  réduire leur émission de gaz à effet de serre de 26 à 28% d’ici à 2025. Le président Trump, lui, ne tiendra pas compte de ce plan d’action national. Pour le président américain, son pays est le  plus propre et  plus respectueux de la planète ». Une intox. Dans le même ordre d’idée, son ministre des Affaires Etrangères, Rex Tillerson, qui n’était pas présent, à la maison blanche, lors de la déclaration du président Trump, a affirmé, lors d’une conférence de presse,  la volonté américaine de continuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre, tout en précisant que l’Accord de Paris n’avait eu aucun impact sur la décarbonisation américaine perçue par des observateurs depuis quelques années.

La volonté de l’américaine affichée, appuyées par de nombreuses contradictions est-elle réellement compatible avec une réduction des émissions de gaz à effet de serre ? Les observateurs en doute. Pour la première fois, les Etats-Unis n’ont pas de conseiller scientifique. Le président Trump est entouré de climatosceptiques, avec en tête de liste, le directeur de l’Agence Américaine de l’Environnement, Scott Pruitt, l’un des principaux artisans de la volonté américaine de retrait de l’accord de Paris.

Quid du Fonds Vert pour le Climat

Dans son allocution du 1er juin, le président Trump a réitéré sa promesse de campagne de supprimer le financement du fonds vert. En mars dernier, il l’avait déjà annoncé à travers la présentation du Budget de  son administration. Les Etats-Unis sont les principaux contributeurs de ce fonds. L’ancien président des Etats-Unis,  Barack Obama, avait promis de l’abonder à hauteur de 3 milliards de dollars. Seul 1 milliard l’a été. A ce jour, le fonds vert pour le Climat est doté de 10 milliards de dollars de promesses, dont 6 milliards existant. Lors de la COP 21, les Etats développés ont confirmé leur engagement de financement des pays en développement, à hauteur de 100 milliards de dollars par an, à partir de 2020. Le fonds vert est l’un des canaux permettant d’atteindre ces 100 milliards. De nombreux pays du nord notamment le Canada et la France ont promis de l’alimenter. Or, selon le président Trump, ce fond n’a pas lieu d’être et seuls les Etats-Unis le financent. Autre intox.

 

La mobilisation des Etats

Plusieurs Etats se mobilisent aux Etats-Unis. Trois gouverneurs  se sont alliés, le gouverneur de  New York, Andrew Cuomo, celui de Californie, Jerry Brown, et celui de Washington, Jay Inslee. Ils forment dorénavant une alliance climatique des Etats-Unis. Son objectif : respecter l’accord de Paris en contenant la température à moins de 2 degrés celsius,  et prendre des mesures de lutte contre le changement climatique.

Michael Bloomberg, 10ème fortune mondiale selon Forbes,  ancien maire de New York, et fondateur du C40, le groupement de 91 grandes métropoles mondiales ( qui inclut 12 villes américaines),  a promis, lors de sa visite à Paris,  de  donner 15 millions de dollars, soit 13,4 millions d’euros à la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques. Pour l’année 2018-2019, le budget de la Convention est estimé à 26 millions de dollars.

Mais comment les Nations-Unies pourraient accepter des engagements venant d’un groupement qui n’est pas un Etat, alors que la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques ne traite qu’avec les Parties (Pays) ? Et, l’Amérique est un Etat fédéral avec des états autonomes. Avec des limites.

«  Les Etats sont libres d’adopter des lois pour promouvoir l’utilisation des énergies renouvelables, aussi longtemps que ces lois n’entrent pas en conflit avec les exigences fédérales, » explique Mark Rozell,  le doyen de la section politique et gouvernementale de l’Université George Mason.

Qui va prendre le leadership mondial sur le Climat ?

Les Etats-Unis vont-ils disparaître facilement de la scène internationale du climat? L’Amérique et la Chine ont ratifié au même moment l’Accord de Paris. 194 Etats ont signé ce texte et 147 l’ont ratifié. Les Etats-Unis ne pourront sortir de l’accord de Paris pas avant le 4 Novembre 2020,  au lendemain de la prochaine élection américaine. Hasard du Calendrier.   Même s’il est vrai qu’ils peuvent aussi  quitter, en l’espace d’une année, la Convention Cadre des Nations Unies sur le Climat. L’Allemagne, la France, l’Union Européenne, le Canada,  et même les BRICS ( Brésil, Inde, Chine, Afrique du Sud) pourraient se positionner comme leaders sur le climat. La place est vacante. Mais les intérêts sont multiples et parfois contradictoires. La Russie n’a toujours pas ratifié l’Accord de Paris.

 

 

Author: houmi

I’ve started my career as a student in journalism in South Africa in 2001 at Rhodes University in Grahamstown ( Eastern Cape). With a bachelor degree in Communication and Information obtained in France, my native country, I’ve decided to learn investigative journalism in South Africa. So I followed a one year intensive course, studiying journalism specialized on TV, but also Writing and Editing and New Media. During my studies, I followed two internships in Johannesburg. One with Business Day ,a well known South African economic media and the other with Agence France Presse (AFP).

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