COP 22: Congo-Brazzaville- Le Vétiver : une protection contre les érosions

COP 22: Congo-Brazzaville- Le Vétiver : une protection contre les érosions

 

A Brazzaville, les congolais découvrent  une  arme pour lutter contre les érosions : le Vétiver. Reportage.

Par Marien NZIKOU-MASSALA

 

Nkombo

 

« Ce quartier n’a pas été loti par les services de cadastre. C’est un terrien (propriétaire foncier) qui vendait les parcelles aux gens ici, c’est pourquoi il manque la canalisation pour la conduite des eaux de pluies, conséquence : les érosions que vous constatez çà et là », confie Fred, un habitant  de Nkombo. Une partie de son habitation a été emportée par l’érosion récemment.

  Nkombo, un quartier du nord de Brazzaville  en hauteur,  subit depuis de  nombreux années des pluies incessantes. Celles  de 2008 et de  2014 ont marqué les esprits. La peur de voir tout un quartier englouti par les érosions domine les discussions. La République du Congo est régulièrement exposée à d’incessantes pluies. D’après les experts, ce  pays d’Afrique centrale est  victime d’une urbanisation  désorganisée et ses sols sableux s’effondrent souvent. A Nkombo, la Direction Générale des Grands Travaux travaille avec une société brésilienne pour construire une canalisation. Mais cela ne rassure pas  la population. Cette dernière vient de faire appelle à la Société Jardéco, spécialisée dans l’espace vert et l’agriculture.Cette société utilise le vétiver pour freiner l’évolution des glissements de terrain.

De quoi s’agit-il ?

Le vétiver est une plante avec des tiges fortes, droites, unies et très nombreuses, mesurant 1 à 3 m de hauteur.  Ces tiges  poussent rapidement avec une capacité de verdure de 3 semaines. Ses racines s’enfoncent jusqu’à 3 m de profondeur et sur un rayon de 25 m.

«Ce sont ses racines qui préviennent l’érosion des sols et retiennent la terre dans leur champs le long des fossés et sur les berges des canaux ou sur les flancs des collines. Le vétiver stabilise des terrains et empêche la destruction des sols par ravinement lors des fortes pluies, ce qui constitue une arme de choix dans la lutte contre les érosions », explique Sophe OKONGA YOKA, ingénieur agronome et responsable de Jardeco.

Cette pratique simple et peu coûteuse. « J’achète le sac de vétiver à 1000FCfa (1,52€) et le prix c’est moi qui le fixe car les gens ne connaissent pas l’importance de la plante, ils se limitent au fait de clôturer leur parcelles alors que dans d’autres pays on fait des campagnes sur les vertus du vétiver, explique M. OKONGA YOKA .Mais il est souvent confronté à un problème d’approvisionnement.

Pour se ravitailler, le responsable de Jardéco est contraint de se rendre à Goma Tsétsé, à une cinquantaine de kilomètres (km) le-vetiver-03sud de Brazzaville, ou à Kinkala, chef-lieu du département du Pool à 75 km au sud de Brazzaville, Gamboma dans le département des plateaux, ou encore en République Démocratique du Congo.

Peu connu , le vétiver a été introduit au Congo par les prêtres catholiques, qui en plantaient pour délimiter leurs concessions. Les rares congolais qui en plantent actuellement imitent les prêtres. Toutefois, la première plantation du  vétiver pour la stabilité du sol remonte au début des années 80 avec les chinois lors de la construction du barrage hydroélectrique de Moukoukoulou, au sud-ouest de Brazzaville, dans le département de la Bouenza. En plantant le vétiver le long du barrage, les chinois n’avaient pas révélé aux congolais l’utilité et l’importance de cette plante sur l’environnement. Ces congolais considéraient le vétiver comme une simple herbe. Erreur d’interprétation : lors des troubles socio-politiques en 1998, pendant l’occupation du barrage de Moukoukoulou par les milices de l’ancien président déchu Pascal Lissouba, toutes les herbes environnant le barrage ont été détruites.

Marien NZIKOU-MASSALA

P000-435-255-308-00074

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Marien Nzikou-Massala,  journaliste congolais  est directeur de Publication du journal Maintenant en République du Congo. Spécialiste des milieux ruraux, de la gestion forestière et du genre, il est aussi secrétaire général du Centre de Ressources pour la Presse (CRP). Membre du Réseau vert, Marien est le  correspondant du  magazine SPORE, et de  Syfia International.

 

Author: houmi

I’ve started my career as a student in journalism in South Africa in 2001 at Rhodes University in Grahamstown ( Eastern Cape). With a bachelor degree in Communication and Information obtained in France, my native country, I’ve decided to learn investigative journalism in South Africa. So I followed a one year intensive course, studiying journalism specialized on TV, but also Writing and Editing and New Media. During my studies, I followed two internships in Johannesburg. One with Business Day ,a well known South African economic media and the other with Agence France Presse (AFP).

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