Arlette, aux jardins de Gaïa ! 2/3

Son parcours

 

Crédit photo: les Jardins de Gaïa

Crédit photo: les Jardins de Gaïa

Educatrice de métier, puis libraire pour enfant, Arlette aime écouter l’autre, le découvrir. A ses débuts, il y a 19 ans, ils sont deux, son compagnon et elle. Aujourd’hui, ils ne sont plus ensemble. Une fille est née de leur relation. Cette dernière a une vingtaine d’années et travaille au service marketing de l’entreprise. L’engouement pour le thé chez Arlette remonte aux années 90, en Inde. C’est à cette époque qu’elle fait la connaissance du Fondateur de TPI, Tea Promoters of India, une entreprise familiale de thé. Cette entreprise dispose aujourd’hui de huit jardins de thé bio dont six au Darjeeling, l’un des thés les plus appréciés au monde. L’Inde est le deuxième producteur de thé mondial et le deuxième plus grand consommateur de cette boisson après la Chine. TPI soutient et travaille régulièrement avec les petites coopératives de transformation de cueillettes artisanales. Depuis sa rencontre avec l’Inde et avec d’autres pays, Arlette , l’alsacienne, ne travaille qu’avec des petites coopératives dans le monde avec un regard poussé vers le développement. Parce que derrière chaque culture du thé, il y a une construction de vie. Cette femme souriante travaille avec ces coopératives en signe de solidarité. Dès qu’elle le peut, elle leur rend visite. Arlette aime le contact de la terre. Pour cette militante, c’est important. Sa lutte : se battre contre les pesticides, fongicides et insecticides. A Ceylan, au Sri Lanka, elle travaille avec la Petite Association de Fermiers Biologique, en anglais Small Organic Farmers Association (SOFA). Depuis la fin des années 90, bien après la fin de l’apartheid, Arlette est en coopération étroite avec des petits fermiers en Afrique du Sud. Situés à Cerderberg, dans le Cap Occidental deux coopératives, Wupperthal et Heiveld fournissent du Rooibos bio aux Jardins de Gaïa. Le Rooibos est une plante rouge légèrement sucrée qui ne contient pas du tout de théine. Cette infusion ne vient que d’Afrique du Sud. « La tribue San », autrefois appelée les hommes des buissons (Bushmen) en produisaient il y a plus de 600 ans. La fin de l’apartheid a permis à cette plante d’être exportée.

Pour l’équité et le Bio

Crédit photo: les Jardins de Gaïa

Crédit photo: les Jardins de Gaïa

Créés en 2004 , les Jardins de Gaïa sont pour l ’équite et le bio. Parce que le bio n’est pas l’équitable. Et l’équitable n’est pas forcément bio. Chez Arlette tout est issu de l’agriculture biologique, sans aucun produit chimique. Mais parce qu’elle est militante, ces produits sont aussi équitables. Son entreprise a obtenu en 2001 la labellisation Max Havelaar, la marque commerce équitable la plus répandue en Europe . Cette marque a été créée en 1988 aux Pays-Bas. Son antenne française a vu le jour en 1991. Objectif : rééquilibrer les relations du commerce international entre les pays du Sud et ceux du Nord. Pour chaque matière première, Max Havelaar garantie un prix minimum d’achat. Quelque soit le cour de la bourse, le prix fixé au départ reste stable. Mais si le cour de la bourse monte, ce prix peut par contre augmenter. Avec le concept de Max Havelaar, les producteurs se constituent en coopératives et bénéficient de prime de développement (10% du prix de la marchandise versé à la coopérative). Sur le site internet du label, il est indiqué que le producteur a directement accès au marché avec les importateurs. Mais ces dernières années, ce label est souvent critiqué. Des accusations de surexploitation des producteurs, d’intégration d’organisation de main d’oeuvre salariée ( en d’autres termes d’anciens propriétaires de petites exploitations qui n’ont pas réussi à maintenir leur affaire), fusent de part et d’autres. En Août dernier, la chaîne de télévision Arte a diffusé un documentaire sur le « le business du commerce équitable » du journaliste Donatien Lemaître. Max Havelaar a été directement pointé du doigt. Du manque d’ encadrement des marges de la distribution dans le cahier des charges de Max Havelaar, au label accordé aux grandes plantations, en passant par la surexploitation des travailleurs, le journaliste relate dans son film une série de dérives. Vendredi, la veille de la visite de ses jardins, Arlette participe à une conférence sur le commerce équitable, organisé par le salon phare de l’agriculture biologique en Alsace : Biobernais. Comme le directeur général de Max Havelar France, Marc Blanchard, elle fait partie des intervenants. Mais personne n’évoque la polémique. Marc Blanchard, lui, est sur la défensive. Alors qu’aucune question en rapport avec l’actualité ne lui est posée. Arlette, elle, est calme et vente les mérites de son entreprise : le contact avec l’autre et les échanges. Il pleut ce week end . La ville d’Obernais reçoit pour la 10ème fois ce fameux salon« Biobernais », Malgré la pluie, nombreux se sont déplacés. Cette initiative vient d’un agriculteur biologique, Maurice Meyer, un ami d’Arlette. Partenaire du salon depuis ses débuts, cette alsacienne poursuit l’aventure. Pionnière en France du bio, la chef d’entreprise vend ses thés et tisanes bio dans les marchés et les salons depuis très longtemps. Elle vend des produits bio en commerce équitable et aussi en biodynamie. Peu connu par le grand public, le concept de la biodynamie date pourtant des années 20. Il repose sur les enseignements d’un philosophe autrichien, Rudolphe Steiner, préoccupé par la baisse de la fertilité des sols par l’utilisation extrême des engrais chimique en Allemagne. Depuis, les adeptes de la biodynamie prône une culture plus spirituelle, ésotérique en rapport avec les rythmes lunaires, planétaires et zodiacaux.

Reportage de Houmi Ahamed-Mikidache

( Ce reportage a été réalisé dans le cadre d’un voyage de presse organisé par les JNE en Alsace au mois de Septembre 2013, lors d’un salon régionale sur l’agriculture biologique)

Source: L’Inquisiteur- Comores

Author: houmi

I’ve started my career as a student in journalism in South Africa in 2001 at Rhodes University in Grahamstown ( Eastern Cape). With a bachelor degree in Communication and Information obtained in France, my native country, I’ve decided to learn investigative journalism in South Africa. So I followed a one year intensive course, studiying journalism specialized on TV, but also Writing and Editing and New Media. During my studies, I followed two internships in Johannesburg. One with Business Day ,a well known South African economic media and the other with Agence France Presse (AFP).

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